Faire évoluer l’organisation de votre PME

Le développement de la PME se construit grâce au dynamisme de son patron fondateur. À un moment donné il va se demander comment poursuivre son entreprise: continuer seul à tout tirer ou faire en sorte que chaque collaborateur assume sa part de responsabilité ?

Le Roi Soleil est le surnom de Louis XIV, roi de France de 1643 à 1715. Larousse dit de lui: « Son long règne glorieux exténua le pays. » L’entreprise en démarrage repose effectivement sur un homme qui est en contact direct avec ses principaux collaborateurs. Pour chacun il y est naturel de « demander au patron ». Ce mode de fonctionnement s’encombre peu de hiérarchie et de formalisme. Et c’est très bien ainsi. Avec la croissance, le Roi Soleil non despotique délègue effectivement des parcelles de ses pouvoirs à des responsables dignes de confiance. Ceux-ci continuent cependant à rapporter à la tête, ce qui favorise l’instantanéité des décisions.
Au fil des ans, la charge du Roi Soleil devient excessive, vu la multiplication des responsables. Et ainsi souvent sans le décider explicitement des personnalités émergent pour constituer un cercle de responsables qui seuls sont en contact de direction avec le patron. Idéalement, ces personnes constitueront progressivement un comité de direction.

L’organisation pyramidale peut soutenir loin la croissance de l’entreprise à deux conditions:

Des personnes qui respectent ces règles d’or : je dis ce que je vais faire (ou ne pas faire…) je le fais (ou pas…) je dis que je l’ai fait (ou pas) ;

L’existence d’un franc-parler entre membres du comité de direction qui bousculent éventuellement les opinions du patron.

Poussant plus loin la croissance, la PME ouvre des filiales, s’allie avec un collègue,… et ainsi la taille et l’éloignement rendent impossible le fonctionnement efficace du modèle pyramidal. Le modèle Roi Soleil est évidemment exclu, sauf à être un patron doué d’ubiquité. L’entreprise devient complexe sans pour autant être compliquée. Illustrons l’organisation en réseaux par une situation typique : soit l’existence de trois lieux de productions spécialisées qui partageraient de mêmes ressources financières. Chaque unité aurait un responsable financier mais toutes éprouveraient le besoin d’une unité de vues pour optimiser les flux financiers. Ainsi les silos verticaux que représentent les unités indépendantes seront traversés par un centre de services spécialisés : la gestion financière transversale. Les managers sensibles à l’importance de la hiérarchie percevront immédiatement la position inconfortable des personnes situées au croisement des axes verticaux et horizontaux. Horreur : ils ont deux chefs!

Que choisir ?

La question ne sera pas tranchée car en PME, un modèle d’organisation ne s’impose pas de toute évidence. En fonction des défis, il convient d’évaluer régulièrement ses modes de fonctionnement et de les rendre clairs au plus grand nombre. De constants réajustements s’imposent comme pour garder le cap d’un voilier sous les vents.

(Source: PMEPLus)